• Home
  • Actualité
  • COVID-19 : La FAO et l’Union Africaine s’engagent à protéger la sécurité alimentaire face à la crise à l’occasion d’une Conférence régionale ministérielle virtuelle.

COVID-19 : La FAO et l’Union Africaine s’engagent à protéger la sécurité alimentaire face à la crise à l’occasion d’une Conférence régionale ministérielle virtuelle.

L’organisme régional et l’agence onusienne unissent leurs forces en vue de minimiser l’impact des mesures d’exception contre le Covid-19 sur le continent où une personne sur cinq souffre de la faim

23 avril 2020, Brazzaville – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Union Africaine (UA) et ses partenaires internationaux ont qualifié les systèmes alimentaire et agricoles de « service essentiel qui doit continuer d’opérer pendant cette période de confinement, d’urgence, de couvre-feu à l’instar d’autres mesures de riposte ».

Dans une déclaration conjointe, ces derniers se sont engagés à soutenir l’accès des populations les plus vulnérables d’Afrique à l’alimentation et à la nutrition, en leur fournissant des programmes de protection sociale, en minimisant les perturbations dues aux mesures d’exception. Le but est de de garantir une circulation et un transport sans risque des personnes dont le travail est essentiel, en assurant le transport et la vente de biens et services et en gardant les frontières ouvertes afin de favoriser le commerce alimentaire et agricole sur le continent.

Le document a été adopté à l’occasion d’une réunion virtuelle coorganisée par l’UA et la FAO. Tous les 55 Etats membres étaient représentés avec notamment 45 ministres dont Henri Djombo, Ministre d’Etat, ministre de l’agriculture de l’élevage et la pêche de la République du Congo. Josefa Sacko, commissaire de l’UA pour l’économie rurale et l’agriculture a modéré le débat.

Dans son allocution d’ouverture, QU Dongyu, le Directeur général de la FAO, a indiqué qu’il était nécessaire d’agir vite et de manière stratégique pour pouvoir réduire les impacts de la pandémie du COVID-19 sur la sécurité alimentaire en Afrique.  » Les fermetures des frontières ont pour effet de restreindre le commerce et de limiter la disponibilité alimentaire dans de nombreux pays, en particulier dans ceux qui dépendent des importations alimentaires, » a-t-il déclaré. Il a salué les mesures visant à éviter les perturbations au sein des chaînes d’approvisionnement alimentaire : elles doivent « rester en vie, »a-t-il souligné.

Angela Thoko Didiza, ministre sud-africaine de l’agriculture, des réformes agraires et du développement rural, s’est joint à M. QU pour ouvrir le débat. La ministre, dont le pays préside actuellement l’UA, a mis en garde contre toute démarche ayant pour conséquence d’affaiblir le commerce interrégional. Tous deux ont tenu à souligner le lourd tribut que le continent avait déjà payé suite aux mesures de confinement – un continent où les marchés informels, à défaut des supermarchés, représentent un élément vital pour la plupart des consommateurs.

Maximo Torero, économiste en chef de la FAO, a fait remarquer qu’il apparaissait de plus en plus claire que les marchés alimentaires connaissaient des contraintes logistiques- contraintes qui selon M. QU devraient pouvoir être atténuées en « écourtant la chaîne »: en produisant plus, mieux et si possible localement.

Plusieurs ministres sont intervenus afin d’exposer les défis posés par la pandémie dans une région du monde où un cinquième de la population souffre de malnutrition.

Ibrahim Mayaki, Secrétaire exécutif du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), a mis en garde contre les risques d’instabilité sociale si la nourriture et l’argent venaient à manquer pour les résidents des zones urbaines africaines. De nombreux représentants de gouvernement ont évoqué leurs efforts intenses en vue de renforcer les prestations sociales, et ce, souvent à travers leurs budgets nationaux.

A cet effet, Henri Djombo représentant la République du Congo, a souligné que 90% les problèmes qui se posent à l’agriculture ne sont pas d’origine agricole, mais dépendent de nombreux secteurs connexes. Le Ministre d’Etat a suggéré de porter cette question au plus haut niveau décisionnel des Etats en déclarant : « Que la FAO, l’Union Africaine, les bailleurs de fonds et les donateurs confèrent avec ces autorités qui s’entoureront de leurs ministres concernés pour adopter des engagements responsables. Il faudrait leur envoyer le questionnaire auquel elles vont répondre, assistées de leurs ministres sectoriels, pour donner les vraies réponses aux défis. Une synthèse de ces réponses permettra de connaître les besoins de l’agriculture africaine à considérer dans le contexte actuel, besoins par ailleurs contenus dans les stratégies nationales de développement agricole. Une déclaration issue de ce processus aura, j’en suis sûr, la valeur requise et des suites favorables ».

Faisant écho à ces inquiétudes, Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l’agriculture, a annoncé que l’aide financière de l’UE pour l’Afrique, devrait finalement dépasser les 20 milliards de dollars américains.

Simeon Ehui de la Banque Mondiale a également détaillé plusieurs initiatives de soutien dont la possibilité de reconvertir 3,2 milliards de dollars américains de fonds non encore engagés. S’exprimant au nom de la Banque africaine de développement, M. Martin Fregene a conclu en donnant les détails d’un programme de réponse face au COVID-19 qui intègrera notamment un soutien technique et financier.